Comment survivre dans un aréna?

Le père bedonnant avec la grosse veine dans le front en train d’injurier les arbitres. La mère hystérique avec une permanente rousse qui boit un gros Coke Diet. Est-ce vraiment ce que l’on retrouve comme parents dans les arénas? Deux fois par année, les journaux  publient des reportages chocs et peaufinent cette image divertissante du parent cinglé. Pour la grande majorité qui passent leurs hivers dans les arénas, vous vous dites: «Bin non ce n’est pas si pire!». Pour les autres, c’est trop souvent l’unique portrait que vous avez ou vous en faites peut-être aussi l’unique raison pour ne pas inscrire votre enfant au hockey. Dommage.

J’ai passé une grande partie des années 90 dans les arénas du Québec.  J’ai vu de nombreuses situations dignes d’un front page du Journal de Montréal. Aujourd’hui, est-ce la même dynamique?

Récemment, je suis allé m’asseoir dans les gradins de 3 arénas de la couronne nord de Montréal. Un gros Vico à la main (LE lait au chocolat classique), j’ai observé, écouté et (j’avoue) jugé plusieurs gérants d’estrade version 2.0.

Mes constats

Premier constat : Le cliché du père en t-shirt avec le paquet de cigarette sur l’épaule n’est plus. En fait, les stéréotypes ont changé. Certains parents attirent l’attention, alors que d’autres sont plus discrets, mais ils se font tous accroire qu’ils sont un groupe unis. On sourit, on se fait des amis, on se vante, on se compare, on lèche le coach, tout en le jugeant en son absence et, surtout et malheureusement on juge les autres joueurs. Jusque-là c’est de nature humaine, je déplore, mais bon.

Ce qui est vraiment néfaste, ce sont les jugements peu objectifs qui se déplacent dans la voiture avec le jeune en arrière. Entendre ses parents parler négativement de ses coéquipiers ou son entraineur, c’est  malsain pour votre petit Sidney Crosby. C’est évident qu’il y aura des répercussions sur la glace, mais aussi sur son plaisir de jouer au hockey et son développement personnel. Le sport est intimement lié avec les émotions. La haine ne devrait pas faire partie des émotions qu’on ressent lors de la pratique d’un sport., je ne parle pas de ce mot à la mode qui alimente la rivalité entre les joueurs du CH et ceux des Bruins. Je parle de la haine d’un humain envers un autre.

C’est de la faute de l’arbitre

Deuxième constat, les arbitres sont encore d’une nullité extrême. Bien sûr je suis sarcastique. En fait, c’est ce qu’on peut conclure si on s’attarde sur la voix des quelques parents névrosés qui trouvent plaisir dans l’insulte et le jugement. Je précise : le niveau de névrose des parents les plus colorés est variable. Seulement une minorité d’entres eux dépasseront la limite un jour ou l’autre. J’ose espérer que les associations ont le pouvoir et la volonté de sévir et isolé les cas extrêmes. D’ailleurs que personne ne me dise : «Ça fait partie de la game envoyer chier l’arbitre. Le hockey c’est un sport d’émotion. ». Peut-être que vous avez raison… mais pas à 8ans…

12 minis Sydney pour 1 mini Scotty

La majorité des entraineurs sont responsables et soucieux du bien-être des jeunes. Leur rôle est d’enseigner le hockey dans son ensemble. Disjoncter à cause d’un hors-jeu ou menacer l’arbitre suite à une pénalité, c’est inacceptable. J’en conviens l’enseignement n’est pas le même pour un jeune de 7 ans que pour un jeune de 15 ans. Peu importe le niveau de compétition et l’intensité d’une rencontre, l’entraineur doit donner l’exemple en gardant le contrôle de sa propre personne avant tout. Si vous êtes parent et qu’une dynamite se trouve derrière le banc de votre jeune, n’attendez surtout pas, parlez-en le plus tôt possible. Le sport est un show où seul les athlètes doivent en être les artistes.

Les arénas ne sont pas des garderies

Dernier constat, le hockey mineur n’est pas une garderie. Même si un jeune ne fait pas du sport pour ses parents, le support et les encouragements occupent une place importante dans son expérience sportive. Bonne nouvelle, je crois qu’aujourd’hui ce phénomène est moins présent et les parents transforment le hockey de bébé Sidney en une véritable activité sociale. Rendre l’utile à l’agréable, pourquoi pas!

 

Le plaisir d’avoir deux lames sous les pieds

Finalement, si votre enfant joue au hockey et que vous semblez avoir plus de plaisir que lui, posez-vous de sérieuses questions. Par contre si les étincelles dans ses yeux sont présentes, laissez-le s’épanouir, encouragez le et, de grâce, restez loin de toute comparaison avec les autres. La beauté de ce sport ne se trouve pas dans les estrades, ni dans l’équipement ou dans la catégorie pour laquelle il évolue. La magie est sur la glace avec une quinzaine de jeunes passionnés et un zèbre solitaire qui mérite un minimum de respect malgré toutes les émotions que le sport apporte.